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20 Juin 2026

Propriétaire à St-Malo : peut-on ne pas renouveler un bail ?

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Lorsqu’un bail de location arrive à son terme, le locataire peut penser qu’il sera automatiquement renouvelé. C’est souvent le cas, mais un propriétaire peut parfois refuser le renouvellement du bail. Cette décision ne peut toutefois pas être prise librement. La loi encadre strictement les motifs permettant au bailleur de donner congé à son locataire.

Vente du logement, reprise pour y habiter, manquements du locataire, délai de préavis, forme du courrier, protection de certains occupants : plusieurs règles doivent être respectées. Pour un propriétaire comme pour un locataire, il est donc essentiel de bien comprendre les conditions applicables avant d’agir. Avec Bizeul Immobilier, nous faisons le point sur les règles à connaître avant d’agir.

1. Refuser le renouvellement du bail pour vendre le logement

Un propriétaire peut décider de ne pas renouveler un bail de location lorsqu’il souhaite vendre le logement. Cette situation est fréquente lorsqu’un bailleur veut céder une maison ou un appartement libre de toute occupation. Un bien vendu occupé peut intéresser des investisseurs, mais il ne s’adresse pas au même type d’acheteurs qu’un logement disponible immédiatement.

Le congé pour vendre doit être donné dans les règles. Pour une location vide, le propriétaire doit prévenir le locataire au moins 6 mois avant la fin du bail. Pour une location meublée, le délai est généralement de 3 mois avant l’échéance du contrat. La notification doit être transmise par un moyen reconnu : lettre recommandée avec accusé de réception, acte de commissaire de justice ou remise en main propre contre signature.

En location vide, le congé pour vente peut aussi ouvrir un droit de priorité au locataire pour acheter le logement. Le courrier doit donc être particulièrement précis, notamment sur le prix et les conditions de vente. Un congé envoyé trop tard ou mal rédigé peut être contesté.

2. Reprendre le logement pour y habiter ou loger un proche

Le propriétaire peut aussi refuser le renouvellement du bail s’il souhaite reprendre le logement pour l’occuper lui-même ou pour y loger certains proches. Il peut s’agir, par exemple, de son conjoint, de son partenaire de Pacs, de son concubin, d’un ascendant ou d’un descendant. Le logement repris doit devenir une résidence principale, et non une résidence secondaire ou un simple projet d’investissement.

Ce motif doit être réel. Le bailleur ne peut pas invoquer une reprise pour habitation s’il n’a pas véritablement l’intention d’occuper le logement ou d’y installer la personne indiquée. Le congé doit mentionner clairement l’identité du bénéficiaire de la reprise et son lien avec le propriétaire.

Là encore, les délais de préavis doivent être respectés : 6 mois avant la fin du bail pour une location vide, 3 mois pour une location meublée. Si le locataire estime que la reprise est fictive ou abusive, il peut contester le congé. Le propriétaire s’expose alors à des sanctions, notamment si le logement est finalement reloué ou utilisé pour un autre objectif.

3. Donner congé pour un motif légitime et sérieux

Le troisième cas permettant de refuser le renouvellement d’un bail repose sur l’existence d’un motif légitime et sérieux. Cette notion concerne souvent une situation dans laquelle le locataire ne respecte pas certaines obligations prévues par le contrat de location. Le propriétaire ne peut donc pas donner congé simplement parce qu’il souhaite changer de locataire ou récupérer plus facilement son bien.

Plusieurs situations peuvent être concernées :

  • des loyers ou charges impayés, surtout lorsqu’ils sont répétés ;
  • des retards fréquents de paiement malgré les relances ;
  • des troubles de voisinage importants ;
  • l’absence d’assurance habitation ;
  • une mauvaise utilisation du logement ;
  • des dégradations ou manquements graves aux obligations du bail.

Le propriétaire doit pouvoir justifier le motif invoqué. Un simple désaccord avec le locataire ne suffit pas. Le congé doit reposer sur des éléments concrets, cohérents et, si possible, documentés. Dans certains cas, des travaux importants peuvent aussi être évoqués, notamment lorsqu’ils rendent impossible le maintien du locataire dans les lieux. Mais là encore, la solidité du dossier est essentielle.

4. Les règles de forme à respecter pour donner congé

Même lorsque le motif est valable, le propriétaire doit respecter une procédure stricte. Le congé ne peut pas être annoncé oralement, par SMS ou par simple email. Il doit être formalisé par un mode de notification accepté, comme une lettre recommandée avec accusé de réception, un acte de commissaire de justice ou une remise en main propre contre récépissé.

Le courrier doit contenir les informations nécessaires selon le motif invoqué. Pour une vente, il doit préciser les conditions de cession du bien. Pour une reprise, il doit indiquer la personne qui occupera le logement. Pour un motif légitime et sérieux, il doit expliquer clairement les faits reprochés ou la situation justifiant le non-renouvellement.

Le délai est également déterminant. Ce n’est pas seulement la date d’envoi qui compte, mais bien la date de réception du congé par le locataire. Si le courrier arrive trop tard, le bail peut être reconduit automatiquement. Cette nuance peut avoir une réelle importance lorsque l’échéance du bail approche.

5. Attention aux locataires protégés

Certains locataires bénéficient d’une protection particulière. C’est notamment le cas des locataires âgés disposant de ressources modestes, sous certaines conditions. Dans ces situations, le propriétaire ne peut pas toujours refuser le renouvellement du bail, même s’il souhaite vendre ou reprendre le logement.

La protection peut obliger le bailleur à proposer une solution de relogement adaptée aux besoins et aux possibilités du locataire. Il existe toutefois des exceptions, par exemple lorsque le propriétaire se trouve lui-même dans une situation d’âge ou de ressources prévue par la loi.

Ce point mérite une vigilance particulière. Avant de délivrer un congé, il est important de vérifier la situation du locataire, son âge, ses ressources et les éventuelles personnes à charge. Une erreur d’appréciation peut fragiliser toute la procédure et créer un conflit. Pour un propriétaire, anticiper ces éléments permet d’éviter un congé contestable. Pour un locataire, connaître ses droits permet de réagir rapidement en cas de notification irrégulière.

6. Que faire en cas de contestation du congé ?

Un locataire qui reçoit un congé peut le contester s’il estime que la procédure n’a pas été respectée ou que le motif n’est pas réel. Les points à vérifier sont nombreux, car un congé irrégulier peut être remis en cause, même si le propriétaire avait un projet légitime au départ.

Avant d’accepter le départ, il est utile de vérifier plusieurs éléments :

  • le délai de préavis : 6 mois pour une location vide, 3 mois pour une location meublée ;
  • le mode de notification : recommandé, acte de commissaire de justice ou remise contre signature ;
  • le motif indiqué dans le courrier : vente, reprise ou motif légitime et sérieux ;
  • les mentions obligatoires, notamment en cas de reprise ou de vente ;
  • la réalité du projet du propriétaire, surtout pour une reprise du logement.

En cas de doute, une solution amiable peut parfois être trouvée. Si le désaccord persiste, le locataire peut saisir le tribunal compétent. Du côté du bailleur, la prudence est également nécessaire : un congé mal préparé peut retarder une vente, une reprise ou un projet immobilier. À Saint-Malo, Dinard et sur la Côte d’Émeraude, nous accompagnons les propriétaires dans leurs projets locatifs et immobiliers, avec une approche adaptée au marché local.

Conclusion

Un propriétaire peut refuser de renouveler un bail de location, mais uniquement dans des cas précis : vente du logement, reprise pour y habiter ou y loger un proche, ou motif légitime et sérieux. Cette possibilité reste strictement encadrée par la loi, avec des délais, des formes de notification et des mentions obligatoires à respecter. Pour le locataire comme pour le bailleur, une mauvaise compréhension des règles peut entraîner des tensions, des retards ou une contestation.

Avant de prendre une décision, mieux vaut donc vérifier la situation du bail, le motif invoqué et les délais applicables. Pour un projet locatif, une vente ou une estimation immobilière à Saint-Malo, Dinard ou sur la Côte d’Émeraude, contactez-nous chez Bizeul Immobilier afin d’échanger sur votre situation.

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